Homélie du Père Antoine DENNEMONT

3ème dim Ord. A- Saint François de Sales

C’est à Capharnaüm en Galilée, que Jésus décide de s’installer. C’est là qu’il apporte la lumière et la vie. C’est une région méprisée par les juifs de Jérusalem qui se considéraient comme les vrais pratiquants. Jésus n’a pas choisi Jérusalem, où pour les juifs, le Temple est l’unique demeure de Dieu. Il choisit d’habiter la Galilée, que la Bible appelle «  carrefour des païens ». L’accent galiléen, très identifiable, est moqué par les judéens, qui méprisent ces populations mélangées.

Et c’est là, en Galilée, qu’une grande lumière s’est levée dans les ténèbres du monde païen.

C’est là que Jésus exerce la première partie de son ministère, il se met à proclamer que le Royaume de Dieu est pour bientôt : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » ; Ces premiers mots de Jésus sont prononcées au beau milieu de ce « carrefour de païens » qu’est la Galilée. Oui, la Bonne Nouvelle est pour tous, pour tous les peuples et pour toutes les nations. Jésus est lui-même la Bonne Nouvelle de ce Royaume.

C’est là, dans cette région méprisée par les juifs de Jérusalem, qu’il appelle ses premiers disciples, non des spécialistes ou des notables, mais des personnes ordinaires, qu’il va inviter à se dépasser. En faisant d’eux des « pêcheurs d’hommes », il inaugure le temps de l’Eglise et le travail missionnaire du Royaume. C’est là aussi qu’il va envoyer les apôtres après la Résurrection.

Lui-même il part le premier en mission à travers tout le pays «  il parcourt toute la Galilée »: il s’adresse aussi bien aux juifs pratiquants (dans les synagogues) pour leur expliquer les Ecritures qu’aux masses indifférentes pour leur annoncer le salut. Il fait des guérisons pour confirmer son autorité de Messie. Il enseigne, il proclame, il guérit.

Le Christ est la Lumière des peuples : c’est par ce titre que les Pères du Concile Vatican II ouvrent leur enseignement sur l’Eglise. «  Réunis dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite ardemment, en annonçant à toutes les créatures la bonne nouvelle de l’Evangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Eglise. »

C’est bien l’Eglise qui rend le Seigneur présent parmi nous. Elle est envoyée au monde en grande partie encore plongée dans les ténèbres pour lui apporter la lumière du Christ, ténèbres de l’erreur et ténèbres du mal sous toutes ses formes.

Membres de l’Eglise, les chrétiens, chacun pour sa part, doivent être aussi lumière du monde, d’abord par son témoignage de vie, par sa propre sainteté.

Saint François de Sales, que nous solennisons aujourd’hui, nous dit justement que la sainteté est pour tous, en particulier pour ceux qui vivent dans le monde. Et c’est la majorité ! Il nous dit que c’est dans l’état où nous sommes que nous trouvons le lieu et le moyen de notre sanctification. En cela, (quelque 400 ans auparavant) il a devancé le Concile Vatican II. Il dit « qu’il faut sortir la sainteté des cloîtres pour la faire entrer dans la compagnie des soldats, la boutique des marchands, la cour de princes, le ménage des gens mariés. »

Pour François de Sales, l’amour est le but et l’amour est aussi le moyen particulier pour qui veut vivre une vraie vie d’union à Dieu. Il enseigne une attitude de confiance en Dieu plutôt que la peur et la crainte. « Tout par amour, rien par crainte ». Il met en lumière l’aspect de de gratuite de l’amour de Dieu qui nous aime sans mérite de notre part. Il va tout centrer là-dessus. Il écrira sans se lasser que c’est l’intention d’amour aniant nos actions qui leur donne toute leur valeur. Il a mis eu centre de sa vie la primauté de l’amour et il en a fait le pivot de toute sa vie spirituelle. :

-         Aimer Dieu : résolution de le préférer à toute créature

-         Aimer le prochain : par les paroles et par l’exemple

-         S’aimer soi-même : soyons ce que nous sommes et soyons-le bien.

Saint François prône un réalisme dans la vie spirituelle, une certaine patience avec soi-même . Prendre patience, avancer lentement, mais sûrement. Il a e bien saisi cet aspect du cheminement de la vie spirituelle. Il invite très souvent à ne pas brûler les étapes. Il accorde beaucoup d’importance aux petites croix de la vie quotidienne. Il propose une spiritualité à, la portée de tous , accessible à tous. «  L’aube est progressive. On n’arrive pas tout de suite à la perfection. » «  La purification de notre âme s’arrêtera avec notre vie » dit-il.

Ainsi, dans la grande pêche du salut nous sommes engagés avec Jésus.

La parole de Jésus est un appel : «  Convertissez-vous ! Un appel aussi radical que celui fait aux pécheurs sur les bords du lac. Le passage d’évangile que nous entendons en ce dimanche nous dit qu’il y a urgence. C’est le sens du petit mot « aussitôt » : quand Jésus appelle Simon Pierre et André, « aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent ». Quand il appelle Jacques et Jean, les fils de Zébédée, « aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. »

Dans l’exhortation apostolique, « la Joie de l’Evangile », le pape François nous dit : « Tout chrétien et toute communauté chrétienne discernera quel est le chemin que le Seigneur demande, mais nous sommes tous invités à accepter cet appel : sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries (tous les écarts) qui ont besoin de la lumière de l’Evangile. »

La joie de l’Evangile est pour tout le peuple, personne ne peut en être exclu. 

Osons dire notre joie d’avoir reçu la Bonne Nouvelle à un frère, une sœur qui attend la lumière.

Père Antoine DENNEMONT

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