« Ma Joie » de Thérèse de l’Enfant Jésus

« Ma Joie »

Poésie composée par Sr Thérèse de l’Enfant Jésus le 21 janvier 1897

Il est des âmes sur la terre
Qui cherchent en vain le bonheur

Mais pour moi, c’est tout le contraire

La joie se trouve dans mon cœur

Cette joie n’est pas éphémère

Je la possède sans retour

Comme une rose printanière

Elle me sourit chaque jour.

Vraiment je suis par trop heureuse,

Je fais toujours ma volonté…

Pourrais-je n’être pas joyeuse

Et ne pas montrer ma gaieté ?…

Ma joie, c’est d’aimer la souffrance,

Je souris en versant des pleurs

J’accepte avec reconnaissance

Les épines mêlées aux fleurs.

Lorsque le Ciel bleu devient sombre

Et qu’il semble me délaisser,

Ma joie, c’est de rester dans l’ombre

De me cacher, de m’abaisser.

Ma joie, c’est la Volonté Sainte

De Jésus mon unique amour

Ainsi je vis sans nulle crainte

J’aime autant la nuit que le jour.

Ma joie, c’est de rester petite

Aussi quand je tombe en chemin

Je puis me relever bien vite

Et Jésus me prend par la main

Alors le comblant de caresses

Je Lui dis qu’Il est tout pour moi

Et je redouble de tendresses

Lorsqu’Il se dérobe à ma foi.

Si parfois je verse des larmes

Ma joie, c’est de les bien cacher

Oh ! que la souffrance a de charmes

Quand de fleurs on sait la voiler !

Je veux bien souffrir sans le dire

Pour que Jésus soit consolé

Ma joie, c’est de le voir sourire

Lorsque mon cœur est exilé…

Ma joie, c’est de lutter sans cesse

Afin d’enfanter des élus.

C’est le cœur brûlant de tendresse

De souvent redire à Jésus :

Pour toi, mon Divin petit Frère

Je suis heureuse de souffrir

Ma seule joie sur cette terre

C’est de pouvoir de réjouir.

Longtemps encore je veux bien vivre

Seigneur, si c’est là ton désir

Dans le Ciel je voudrais te suivre

Si cela te faisait plaisir.

L’amour, ce feu de la Patrie

Ne cesse de me consumer

Que me font la mort ou la vie ?

Jésus, ma joie, c’est de t’aimer !

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